Le souffle clair ou la poésie incarnée

Le yoga du Cachemire que j'ai découvert grâce à Eric Baret, beaucoup
moins structuré que le yoga de Deshikachar que j'avais étudié
préalablement (formation avec Bernard Bouanchaud), rejoint directement l'essence du Vivant.
Pas d'enseignement mais une transmission de la Pure Conscience grâce à une plongée sensorielle de plus en plus fine.
En ce sens, c'est vraiment l'expérience incarnée de la poésie dans sa nature la plus profonde.
Grâce à cette rencontre avec le yoga Cachemirien et la tradition tantrique aux textes d'une beauté qui me semble inégalée, comme ceux de Abhinavagupta, mon écriture s'est transformée, s'imprégnant de silence, dissociant de moins en moins l'intime de l'universel.
Pour la création de poèmes, voir la page "la poésie, un art de vivre"
Quelques fragments de cette exploration poétique, née à la fois de ma fréquentation profonde et durable de certains poètes comme René Char ou Philippe Jacottet, et de l'expérience fondatrice de la non-dualité découverte sensoriellement grâce au yoga dans le courant du tantrisme cachemirien.
Refrain du CD réalisé avec Jean Marc Vignoli, violoniste :
mais dans quel sanctuaire
se trouve la clef
de notre immensité
Vous trouverez 2 articles que j'avais rédigés pour la revue du Troisième millénaire :
la poésie, voie directe, n°48
la poésie ou l'alchimie du langage" n° 52
QUELQUES POEMES
sous le bouleau pleureur
les nostalgies glissent comme des larmes
les pensées se déchirent
feuilles volantes
tous les scénarios tous les délires
élaborés par quelques milliardaires
ne sont plus que débris dans le vent
Aurore
Sur tes lèvres
l'imprévisible d'une oraison
coeur en bourgeon décidé à ne pas hâter la floraison
alliance de deux souffles
prémices au flamboiement de l'aurore

Ne rien divulger du secret des arbres
rester attentif
veilleur des présences fugitives
des tiges qui se froissent
des lourds oiseaux de la nuit
bientôt dans le ruisseau
scintille l'aube ou ses prémisses
bouger lentement
au rythme du silence
écouter
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Méditation
L'encens brûle
répandant son arôme
La ferveur présente
rejoint les vérités premières
gravées à même l'arbre
le soleil le lac
les corps
les souffles s'unifient
juste un effluve
dans l'espace

Toujours polir la même pierre
rituel sans intention
suivre la cambrure qui se dessine
ne rien désirer que ce mouvement
laisser mourir le geste
dormir
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Nager jusqu'au banc de coraux
perdre tout contour
renaître écume
et mourir
en regardant le soleil du soir
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Un ruisseau s'échancre
S'y engouffre
La barque du soleil
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Tu dors exilé
dans des draps de rochers noirs
la lune éclaire ton visage
Sens-tu la fraîcheur neigeuse de sa caresse ?

Séjour en Inde du Sud ( Pondicherry puis Tiruvanamalaï, en février et mars 2015).
Photo prise par une des personnes du groupe de Jean-Claude Lantuas, yoga du Cachemire)